D’alors…

                                 Vos beaux yeux par Philippe de la Boirie

Figure d’une étreinte sur un piano,

Dimension furtive et vie reculée de deux amants

Époque tracée dans notre être,

Arrière-plan découvrant la musique d’alors

Et l’incarnation de deux personnages f(l)ous

Portrait féminin d’une existence emprunte de délicatesse et d’espérance,

Futilité et crédulité mêlées…

Salons de danse rococo et réceptions en l’honneur de ce musicien,

Joie singulière de nos pas chassés

Connivence immédiate,

Attrait puis oubli

Absence d’une créature familière qui se dérobe,

Remous intérieurs et exubérances

Pertes en tous genres

Désarroi et prémices de la belle dans cette danse du désamour,

Pandore s’élève…

Copyright ©  Céline Burr

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Foto-star

3218-1 - Copie Photomaton J1 de Marseille-Provence 2013

Sourire en biais, sourire contigu, parfois continu,

Avalanche de mots et de qualificatifs pour la femme souriant l’éternité

Futur-marché porteur de sensations :

la Machine à sourires est toto-matique !

Sourire enjôleur du modèle photo-sponsorisé, moqueur de la pie

Fatales beauté, fascinations

Affabulations grandissantes… Sourire dentifrice !

Sourire de convenances,

Sourire thé-ra-peu-tique

Sourire phrasé : « Sourions à la vie ! »

Soupirs

Photo-genèse de nos premiers pas,

Sourire mi-figue, mi-raisin

Souris-moi, je t’en prie !

Masques antiques et farces conventionnées,

Représentations de nos états d’âme

Sérénissime !


Copyright ©  Céline Burr

Détour(s)

Sand storm by Manuela de Pretis

Revenir vers les traces du passé. Ré-embarquer dans cet avion pour me sentir plus proche de cette destination…

Une nouvelle fois : (re)découvrir Tunis et la Tunisie. Vivre quelques jours, passer quelques instants dans cette capitale inexplorée. S’imaginer flâner le long des grandes avenues, probablement en bord de mer, sur le littoral puis tomber sur la médina.

Déguster un – vrai – café ; subtil mélange de mousse légère, petit goût de  noisette, cousin lointain du cappuccino…

Et puis s’aventurer sur les sentiers, à l’aventure !

Tout simplement partir !

Parmi la multitude des destinations qui s’offraient à moi, à nous, celle-ci s’est avérée logique, indéniable. Mais elle me semblait irrecevable.

Quels pouvaient bien être les arguments qui m’ont poussée en terre arabo-romaine ?

Une soudaine envie n’en était pas la raison première.

Mais le souvenir imaginaire de terres inexplorées, de paysages merveilleux s’offraient à moi.

Au détour d’un site archéologique se trouvait tout un monde à explorer. Un retour vers soi, un pas vers des temps anciens…

Tant d’attentes, d’expectatives pour ce petit pays côtier.

Dix années et quelques rafales étaient tombées sur ma vie depuis.

On se dit : que de changements, que d’avancement ?

Peut-être que d’une certaine manière, je suis liée à ce pays…

Nous n’avons pas tant changé. C’était un point de départ.

D’un séjour sous confidences amicales j’ai découvert un pays de contes… ceux des personnes rencontrées. De villageois en citadins, ils racontaient tous une histoire.

Des racines communes, sans mélodrames, ni anarchie.

Sourires et visages qui se réjouissent. Voilà peut-être l’âme d’un pays, celle que l’on retrouve transcendée par ses habitants à votre venue.

Pour lui, il n’en était pas question. Je le savais. C’était une perte de temps que de plaider la cause de ce pays.

« Trop chaud, trop d’évènements récents,… » me répondra-t-il !

Trop de trop !

Je me voyais déjà baisser la garde. Quelles pouvaient être ses attentes en tant que voyageur ?

Un bel accueil, du sable et des palmiers ?

C’était le comble. Il avait tous les symptômes du non-voyageur à l’esprit sur médiatisé !

Je n’avais pas d’idées d’un autre voyage à lui proposer, tant ce pays était resté un mythe inexploré à mes yeux. Pas une simple passion du moment. Mais, la volonté de m’échapper sur des terres, où la notion de voyage avait pris toute son ampleur.

Quelques souvenirs, par ci, par là :

Perles scintillantes vues du ciel à mon arrivée,

Mosaique enchanteresse effleurée à l’aéroport

Et, pour ne pas perdre le fil :

« houch », villa d’un blanc immaculé – grande fierté des Tunisien(ne)s

Suite

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El Fuego – Carolyn Carlson et Eva Yerbabuena

Delirium et grâce instantanée dont le rouge intense fait vibrer les fauteuils du théâtre,

Pas saccadés, noblesse nous entraînant par son rayonnement

Entremise d’une danseuse de flamenco et d’une étoile de l’univers

Flammes indécentes développant leurs jeux de jupons

Fulgurance d’une autre identité,

rejaillissements de la terre abyssale

transe-fusions,

Fado à résonance infinie, danse allant jusqu’à l’abstraction de ce duo de vestales

Réflexion sur « Rencontres », Carolyn Carlson + Eva Yerbabuena, Biennale d’Art Flamenco

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Hors-champ

 

Armée de terre cuite, découverte dans le tombeau de l’Empereur Qin, par Nee

Vision de l’ange de tous les espoirs, seul vestige intact d’un lieu immortel. Tous les éléments ont changé, il ne reste que la même jeunesse en partage d’idéaux.

Images d’ailleurs et dévolution des adolescents riant, attendant le service voiturier – qui a remplacé le banal car de ramassage. Portes qui s’ouvrent et qui claquent, pas un seul visage familier. Redécouverte hors-champ d’un passé proche, pas étrangers aux souvenirs.

On a pas fini d’attendre le visage, celui qui n’arrivera pas…

Que de paysages à ressusciter !

Au numéro 23 une trace époussetée ressurgit. D’un autre songe naquit un rendez-vous manqué. Reconnaissance d’une odeur de pinède sur fonds de maison devenue verte, immense escalier de bois menant à une bibliothèque improvisée. Evocation de ma camarade de jeux – brève pause, puis rebondissement.

Apologie des enseignants et stupéfaction d’enfance. Fracture dans l’épicentre, don de fleurs et de bonbons.

Et mon regard, scrutant son sourire immuable. Stop, arrêt sur image.

Circulation routière laissant les lions imperturbables. Devanture autrefois magique, de quelques gardiens de pierre trônant en aval d’une toute petite forteresse.

Seule la rencontre d’un capitaine endimanché d’un paletot – velours émeraude, casse cet espace-temps.

Aperçu d’une salle de classe, les pupitres d’écoliers ne sont plus rectilignes mais disposés en carrés. Le bureau principal n’est plus sur l’estrade, signe d’une autorité en désuétude…

A l’assaut de l’aventure un wagon nous mène vers de nouvelles destinations. Images de musées, dynasties et civilisations lointaines: Chine impériale et impérieuse.

Souvenirs, émerveillement, rigolades, … Chahut-bahut, désirs d’ailleurs…

Copyright ©  Céline Burr

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Tête brûlée

Une arcade en appui sur des colonnes chancelantes.

Emportées par le mouvement elles s’appliquent.

D’un pas, puis de deux !

Pas de fragilité dans cette danse. Rien que quelques secousses à supposer…

– Une structure se met en place –

Les symptômes sont composés, décortiqués :

«Il n’y a pas de mal», disent les docteurs.

De front on s’emporte, ça chauffe, ça brûle…

Pas de traitement qui faille, ni qui vaille.

La situation prête à l’interrogation, ni plus, ni moins de solutions médicales.

Et ce doute coûte. Envoûtements de gourous, fakirs et chamans.

D’une suite de charmes bienfaisants naît la conviction.

Faux-semblants et à-propos…

La danse amenuise mais épuise.

Le mal-a-dit qu’il ne quitterait pas Paris. La demoiselle s’envole.

Elle a laissé son costume au vestiaire, tur-lu-tutu.

C’est le déjà vu qui la cueille, la tire de la surchauffe…

Copyright ©  Céline Burr