Des bolides et des hommes

Au hasard des clics sur la toile sociale j’ai été propulsée au Tour Auto. Cet événement dont la médiatisation reste relative est un rassemblement mythique pour des collectionneurs automobile de longue date. Néophyte convaincue par mon enthousiasme, je décide donc de m’immiscer dans la longue file qui me mènera à l’exposition initiée par le Grand Palais.

Je dois bien avouer avoir zappé quelques expos au Grand Palais ces derniers temps. Le Tour Auto – pour sa 25ème édition m’offrait l’occasion d’assister à un rallye-escale venu montrer ses plus beaux atours à la Dame de Fer parisienne. Poursuivant sa tournée en reliant quatre étapes le rallye finit sa course à Cannes.

Dans ce showroom de 13 500 m2 ayant abrité soixante ans durant Le Salon de l’Automobile le garage ne prévoit qu’un minimum d’outils à disposition du mécano-collectionneur. L’utilisation d’un chiffon doux est donc indispensable – trois jours d’ancrage méritent bien qu’on s’attarde sur l’allure des championnes.

Un univers entièrement masculin

Doté d’un palmarès mettant en avant certaines marques (Porsche, Ferrari, ..) tandis que d’autres plus modestes et grand public paraissent si justement rarissimes (Renault, Citroën, ..) la collection de voitures se veut synonyme d’élégance et ouverte à tous. Pour expliquer cette contradiction revenons donc à son ancêtre le Tour de France Automobile. Apparue du temps des voiturettes au début du vingtième siècle, ces voitures légères à trois ou quatre roues ont marqué leur époque et les esprits – en particulier celui de Louis Renault. Le Tour fondé par L’Automobile Club de France, ce luxueux cercle masculin de « gentlemen drivers, » pour reprendre leurs termes est le plus ancien automobile club au Monde. Autant dire qu’en 2016 les femmes sont minoritaires au Tour Auto !

Cette atmosphère qui se veut bon enfant ne reflète pas le rallye tel qu’on l’attend : pas de vrombissements en pagaille, les moteurs sont à l’arrêt. Les conducteurs et collectionneurs restent aux anges. Difficile d’ailleurs d’amorcer une conversation : ils ont bien souvent laissé leur voiture au regard des visiteurs. Pourtant il n’ y a pas de buvette aux alentours et peu d’hôtesses à accoster. Il semble que ce lundi l’ambiance est à la détente et à la rencontre des quelques pilotes starisés présents. Les interviewés réunissent la foule d’amateurs en tenue décontractée – dont la majorité ont une cinquantaine d’années. A mon arrivée un pilote zélé guide victorieusement une femme, enfin une fan manquant ainsi de me bousculer.

J’ai ainsi été marquée par la discrétion de ces femmes, épouses ou amies venues afficher un soutien indéniable à leurs proches.Ce sont elles qui immortalisent les reflets chromés sur photo. Seuls quelques groupes de jeunes femmes en guinguette ont réellement eu l’aplomb de s’entremettre aux hommes présents.

Le rallye se féminise

Rétromobile, un site consacré à l’univers de la voiture de collection depuis 1976 a souligné lors de son dernier salon que les femmes ont toujours été présentes sur les rallyes auto.  Julia de Baldanza, femme d’affaires britannique, pilote et collectionneuse concourant depuis 2002, explique avec humour d’où vient son attachement pour les cylindres auto :

Le rallye féminin a connu un regain d’intérêt médiatique notamment grâce au Trophée Roses des Sables auto proclamé « aventure féminine. » Il n’implique pas de course de vitesse mais ses paysages se rapprochent de ceux du rallye-raid Dakar. Ainsi d’autres compétitions féminines ont émergé. Le rallye Aïcha des gazelles, précurseur des rallyes féminins a été crée en 1990. Il rassemble des amatrices qui partagent les mêmes valeurs : liberté et éco-conduite sans GPS.

Le site de La Fédération Française du Sport Automobile (FFSA) m’a ainsi permis d’éclaircir le mystère qui planait autour du rallye féminin.

La Fédération est ainsi la commanditaire d’un nouveau Championnat de France  :

Interrompu en 1990, après la victoire de Christine Driano sur une Citroën AX Sport groupe A, le Championnat de France des Rallyes Féminin a été ‘réactivé’ par la FFSA en 2014. Pour le plus grand bonheur de ces dames !

Nicolas Deschaux, Président de la FFSA précise qu’il n’ y a que « 11% de femmes dans le sport automobile » :

Portées par leur vision et leur identité les femmes pilotes ont à nouveau de beaux jours devant elles.

Bernie Ecclestone,  ancien patron d’écurie de Formule 1 n’a  jamais été reconnu en tant que pilote puisque ses essais ne l’ont pas mené à une qualification, a lors d’un séminaire remis en question les aptitudes physiques des femmes à conduire une Formule 1. Auparavant il avait énoncé d’autres raisons empêchant les femmes d’accéder au summum de la discipline :

Bernie Ecclestone répondait que la principale barrière pour les femmes dans le milieu était économique. « Le problème, et je le regrette, est que beaucoup de femmes qui pourraient sans doute courir aussi vite que des hommes n’en auront pas la possibilité », affirmait-il alors.

Il me paraît d’usage de laisser le mot de fin à une femme, en particulier à la pionnière de la course en Formule 1, l’italienne Maria Teresa de Filippis :

 

Copyright © Céline Burr

Péril à trois – Stéphane Fratti

Murmure déroutant, force nous éloignant et nous rapprochant…

Super-héros, trio – affront du quotidien

Comment la danse est rentrée dans votre vie et comment vous est venue l’idée du spectacle “Mur mur”  ?

Rémi Leblanc-Messanger, danseur J’ai commencé la danse à la fac de Rennes. J’étais étudiant en histoire de l’art.

Vous êtes tombé là dedans par hasard ?

Je ne sais pas comment je suis rentré dans la danse, mais j’y suis rentré !

C’est la que j’ai rencontré une étudiante qui avait terminé son cursus en danse à Montpellier et qui m’a conseillé de passer une audition dans une école du Sud de la France. C’est ainsi que j’ai débuté la danse. Après avoir finalisé mon cursus en danse je me suis installé à Paris, ce qui a suivi c’est le cursus standard : les auditions, les cours, les rencontres…

Comment le trio s’est formé ?

Ça n’a pas débuté par un trio.

Stéphane Fratti, chorégraphe et danseur  Il y a eu plusieurs étapes de travail avec différentes personnes – comme l’a souligné Rémi. Lors d’un cours de danse j’ai proposé à Rémi de faire un essai. On as donc poursuivi en trio il y a deux ans de cela environ.

Quel a été votre parcours Alban ?

Alban Gérôme, danseur  Par la porte ! Je suis comédien avant tout. Dans mon parcours j’ai beaucoup travaillé sur l’aspect corporel. En tant que comédien je suis même passé par un complexe avec le texte et, dès le départ, je sentais que vraiment ma première approche de la scène était corporelle, même si le théâtre m’attirait. Tout en débutant ma carrière de comédien j’ai collaboré avec des compagnies de danse, lors d’esquisses très courtes. Ou alors j’ai été casté pour faire la jonction avec des scènes dansées. Je faisais le Monsieur Loyal : je décrivais le texte, j’étais dans ce monde là. Stéphane et moi nous sommes rencontrés sur une résidence d’artistes. J’étais sur un projet théâtre et lui danse. Stéphane a présenté un solo. Il m’a proposé de venir travailler lors de ses ateliers Magma, une danse ou il n’avait pas seulement envie d’inviter des danseurs

Magma-R- Durand de Girard - C-Le DévéhatMagma

Il a ensuite souhaité créer d’autres agrégats de recherche autour d’autres matières avec des personnes qui avaient collaboré à Magma. Il y a eu plusieurs étapes de maturation comme le disait si joliment Rémi. Et puis on a été très nombreux, très peu, très nombreux… Et puis, petit à petit ça s’est affiné et on a trouvé une dynamique à présenter au public à trois.

Vous présentez Magma « contre le processus de dé-liaison qui marque la société contemporaine”, est-ce que vous poursuivez le projet dans cette optique ?

Stéphane C’est un projet sur lequel je vais travailler toute ma vie, c’est inépuisable. A chaque fois il faut repartir à zéro, car repartir à zéro c’est aussi faire un pas en avant. C’est ce qui me fait progresser dans ce projet : repartir à zéro. Ça demande une écoute des gens. Il y a des personnalités toujours différentes qui amènent quelque chose de différent, c’est simple et complexe. Un contact à deux c’est facile, un contact à plusieurs ça devient plus complexe. C’est une fiction dans ma tête, l’idée est née en se disant : plus on avance, plus on se rapproche du progrès et plus ça nous éloigne humainement du toucher. Pour des personnes qui n’ont jamais effectué de danse-contact, se tenir devient une thérapie. Et je l’ai remarqué par la suite car au début c’était une simple idée chorégraphique. J’ai laissé tomber l’idée chorégraphique tant j’ai trouvé le processus important pour moi et pour les autres. La chorégraphie subsiste car Alban fait partie des gens à qui j’ai demandé de le présenter et proposer des actions aux gens.

Alban C’est drôle car la forme de Mur mur, ses strates sont nées via Magma. Et le jour où l’on a laissé de côté cette forme, cette matrice est née : Mur mur. Les autres matières ont été nourries de cette matrice là. C’était clair, évident.

Stéphane Les Hommes Cabossés c’était ça. Au moment ou l’on était tous dans Magma, ils partaient tous et il ne restait qu’une seule personne complètement à l’envers et la personne essayait d’en sortir.

Sont-ils les débuts de la formation et du spectacle ?

Stéphane Les débuts furent un duo lorsque j’étais en résidence à Brest. La compagnie est née en 1998 à Arenes. Brest était le lieu du début de ce spectacle. A l’époque il ne s’appelait pas Mur mur, c’était juste des matières. En résidence j’ai travaillé avec une danseuse, ce travail de recherche m’a donné envie de faire un travail à plusieurs – homme ou femme. C’est pour ça que j’ai invité les copains: je connaissais des danseurs, comédiens pour mettre bout à bout ces matières là : elles étaient étranges pour moi, elles me perdaient bien mais m’intéressaient beaucoup. Ils ont été assez fous pour me suivre, je ne savais pas ou j’allais. Ça demandait donc un sacré investissement physique.

Au départ il y avait des danseuses mais ça ne collait pas. Dès qu’il y avait une violence on entrait dans une autre interprétation, ce n’était pas la direction recherchée.

C’est donc devenu un projet masculin ?

Stéphane  Oui. Lorsqu’on as dansé à trois danseurs c’est devenu masculin

Rémi  C’est un projet sans trop d’identité sexuelle

Stéphane Oui mais en même temps je vise la folie des hommes

Dans le spectacle on as l’impression que sous l’emprise de son propre territoire l’homme passe par des états ou stades différents. Par exemple : personnages ou archétypes tels que Bioman, on peut parler des “morts vivants distingués” car ils ont un certain style… Etiez-vous dans cet état d’esprit ?

Alban  Chaque spectateur voit quelque chose de différent mais ça nous as traversé consciemment ou pas. Je ne suis pas sûr qu’on as pensé à ces personnages mais il et vrai que nous sommes nourris de cette culture qui est aussi de notre génération – chacun de nous a le même age (Rires). C’est vrai que les mots employés font référence à des univers différents. La proposition reste ouverte.

Stéphane  Il y a un dénominateur commun : l’enfance. C’est comme une cour d’enfants peuplée de super héros, ça me parle

Alban Dans le début du spectacle il y a plein d’interprétations différentes du côté vibration des prières : soit mystique, soit très contestataire pour certains ou soit juste énergétique pour d’autres

Rémi La référence à Bioman m’a fait penser à un moment du spectacle ou je n’aurai pas pensé à placer ce moment là “Mais oui…! « C’est le moment ou avant les claques on exécute toute une série de postures martiales qui surgissent ainsi…

Stéphane  On voulait vraiment s’amuser car le fond n’était pas drôle. J’ai donc cherché quelque chose de léger, qui fasse voyager le public afin de permettre sa propre lecture.

Alban Une portée universelle, sans se prendre au sérieux, mais en y allant !

Rémi  Ça parle à beaucoup de gens : même à ceux qui ne sont pas amateurs de danse ainsi qu’aux enfants

Stéphane Pourquoi les Super-Héros ont été créés ? Car les gens sont faibles ! Ce que j’ai souhaité faire basculer ce sont toutes les croyances ou l’on met quelqu’un sur un pied d’estale : que ce soit en amour ou en politique,

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Dans l’un de vos spectacles : le solo « Lâche-moi » vous êtes accroché à une corde et l’utilisation de la force est constante…

Stéphane C’était aussi un super héros ?! Ce spectacle est également relié à Mur mur car j’y parle aussi des choses absurdes de ce monde. Dans ce solo je me pose la question “Qu’est ce que l’avancement ?” Avec toute la matière grise qu’on a, est-ce qu’on avance ?

L’actualité nous montre que les hommes sont fous… En plus nous sommes des hommes !

Comment vous est venue l’idée de la scène de “Strangers In the Night” ? Cette scène a un impact sur le spectateur, on as l’impression qu’elle s’éternise…

Stéphane Pour ce genre de matières je pense qu’il faut les faire durer pour qu’elles existent. C’est tellement simple, c’est tellement rien des Hommes Penchés et en même temps pour que ça existe…

Rémi On appelle ça les Hommes Penchés…

Alban Mais on c’est fait traiter de pingouins !

Vous imaginiez l’impact sur le public ?

Stéphane Au départ je ne pense pas au public, mais au propos, au sens. La scène d’avant est très énergique, à un moment donné au niveau rythme, son, vibrations, j’ai voulu un moment de calme et renversé comme le retour d’un iceberg

Alban Ça m’a fait penser à des positions de taï-chi. On s’est dit « Tiens avec cette position si l’on va jusqu’au bout est-ce qu’on va pouvoir continuer à avancer ? » Pour chaque matière il y a eu cette recherche. “Ah là c’est une contrainte, et qu’est ce qui se passe si l’on continue ?” Ça a crée ces mouvements, ces énergies

Stéphane J’aime bien travailler avec les contraintes qui imposent un état physique. Par rapport à cette contrainte, précisément, qui parle vraiment de la folie des hommes, aux hommes paumés c’est complètement absurde. Et après on s’est dit qu’on pouvait faire un ballet avec cette matière. J’aime utiliser les musiques en décalage : Frank Sinatra était un très beau chanteur et crooner mais un sacré salopard aussi.

Par rapport à votre style, à votre vocabulaire dansé le public pouvait constater que ça allait au delà de la danse, est-ce que vous estimez que vous avez développé un certain style ? Est-ce que ça résulte de vos rencontres artistiques passées ?

Stéphane  Sincèrement je n’en sais rien. J’ai fait de la danse très académique, je donne des cours de danse et mon danseur préféré est Buster Keaton. Donc les pirouettes ne me parlent plus. Quand je vais voir des comédiens ou des musiciens leur gestuelle me parle, pour moi c’est de la danse car c’est physique. Lorsque j’ai vu Alban travailler sur Magma, ainsi que des spectacles qu’il a pu faire dans d’autres compagnies : au théâtre, je trouvais que physiquement il n’avait pas besoin de faire quoi que ce soit pour dégager quelque chose. C’est donc un interprète tel qu’un danseur. C’était pareil pour Rémi. Je me suis dit que j’avais besoin de rencontrer des identités. J’ai eu de la chance.

Ce qui est chouette c’était la première fois ou nous avions présenté cette forme là. En le visionnant nous rions beaucoup mais nous avions peur d’être les seuls à rire. Lorsqu’on l’a présenté devant un public, au Regard du Cygne les gens étaient explosés de rire. Ça nous faisait très plaisir d’entendre les gens rire : les personnes âgées, les enfants, des personnes extérieures au monde de la danse, des danseurs, des chorégraphes… S’il y a de telles réactions c’est que le travail est juste

Rémi  Pour nous la compréhension ou la non-compréhension de notre travail est passé par la présence du spectateur. Au niveau rythmique il faut savoir ce que ça va donner par exemple et tant qu’on ne l’as pas confronté au regard du spectateur ça reste hypothétique. Mais comme le dit Stéphane il ne faut pas penser qu’au spectateur

Stéphane  Je ne suis d’accord qu’en partie avec Rémi car ce qu’on présente est pensé, réfléchi, ficelé, et de là je suggère des choses et ce qui est suggéré manipule aussi le spectateur car je lui renvoie ces images. S’il me les renvoie c’est que j’ai visé juste. Il y a aussi l’idée de la libre interprétation de ce qu’on présente de manière large et ciblée. Voilà pourquoi je n’ai pas intégré de femme(s) au spectacle car ça n’allait que dans une direction. Et ça fermait les choses

Alban Je ne sais pas si tu peux dire que tu manipules… Tu suggères, tu amènes des pistes. D’ailleurs on pourrait dire aussi que si ça arrive très fort gardons notre ligne, gardons notre concentration, n’en rajoutons pas.

Vous aviez la tentation d’improviser…

Alban Ça peut être une tentation, alors que sur une même scène le public peut nous dire qu’il riait et d’autres publics pleuraient sur les Hommes Penchés. Donc le but c’est de garder le plus d’ouverture pour le plus d’interprétations possibles. Mais je rejoins Stéphane qui parlait de Buster Keaton, ça dépends toujours de la culture qui t’a nourrie. Des amis m’ont dit que notre spectacle leur faisait penser à Samuel Beckett, le côté noir, plus désespéré. Buster Keaton et Samuel Beckett ont fait un film ensemble. C’est le dernier film de Buster Keaton, donc la rencontre du burlesque, du tragique et de l’absurde. Ce travail est aussi teinté de ça : ça ne vient pas de nulle part, ce n’est pas une création même s’il y a des inventions qui nous sont propres mais ça vient aussi d’une tradition, d’une vision du monde qui est souvent ré-interrogée.

Rémi Par rapport à ce que je ressens de l’intérieur c’est que chaque situation donnée à voir est à multiple interprétation, mais ce n’est pas forcément la première idée – en tant que spectateur ou danseur – qu’on peut se faire de cette partie là et pas forcément l’idée qui restera à la fin. Pour les hommes penchés on entends beaucoup de rires, mais à l’intérieur des corps ce que je ressens c’est beaucoup de détresse. Il y a ce dialogue entre le spectateur – qui rigole énormément, alors qu’on sort d’une partie très physique ou le corps a mal et est enfermé : il reste droit. C’est presque un décalage entre ce qu’on ressent et ce qui se passe. Petit à petit la situation change, le public rigole moins.

Stéphane  La pièce n’est pas drôle. Le fond n’est pas drôle donc j’ai cherché une forme légère pour toucher ce fond là.

Il y a une forme sombre lorsque vous mimez une femme c’est presque un combat entre vous deux

Rémi Il y a beaucoup de violence…

Stéphane Mais toujours d’une façon un peu détachée

Rémi Ce qui rend encore plus violent la chose

Alban Ça s’est construit comme ça. A la fois construit, rythmé comme une partition musicale et en même temps improvisé – afin que les deux se mélangent tout le temps.

Stéphane Il y a une écriture. Des points de rencontre. Et dans ces rencontres il y a des matières différentes, comme dans les hommes penchés. Et dans les trajets c’est improvisé. Cette improvisation nous donne donc la liberté de créer chaque soir des choses différentes. Ça nous met en péril aussi. Ça nous met à l’écoute car on ne peut pas se cacher vers quelque chose d’écrit.

Copyright ©  Céline Burr

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El Fuego – Carolyn Carlson et Eva Yerbabuena

Delirium et grâce instantanée dont le rouge intense fait vibrer les fauteuils du théâtre,

Pas saccadés, noblesse nous entraînant par son rayonnement

Entremise d’une danseuse de flamenco et d’une étoile de l’univers

Flammes indécentes développant leurs jeux de jupons

Fulgurance d’une autre identité,

rejaillissements de la terre abyssale

transe-fusions,

Fado à résonance infinie, danse allant jusqu’à l’abstraction de ce duo de vestales

Réflexion sur « Rencontres », Carolyn Carlson + Eva Yerbabuena, Biennale d’Art Flamenco

Copyright ©  Céline Burr