Avant-scène II – Hélène Cathala et Désiré Davids

L’amitié sur fond blanc,

Blanc cassé (voix off d’Hélène)

Orteils en éventails,

Le conseiller :  « Heureusement qu’on le fait pas à fond ! »

La danseuse :  « Ca c’est PAS fatigant »

Being alone,

take your time with the proposition (voix off de Désirée)

J’avais honte…(voix off d’Hélène)

Dans sa forme originale,

Désaccord, friction,

Cette idée tu essayes de la vérifier…comme une blessure (voix off d’Hélène)

Danseuses qui se croisent mais ne s’arrêtent pas.

Technology, formula, vie, structure (voix off de Désirée)

Grossissement à la loupe

Château : détail,

Pont : détail,

Ville : détail,

Pieds qui se perdent,

« Tu pars trop tôt… »

Femme chenille,

Allongements, pressurisation,

Ligne dé-marquante

Tonnerre !

Marques à effacer…

Significations renversées

Corps qui glissent

Marque-cheveux,

Corps, épaule, semi-tour complet

Au ralenti des images qui se séparent…

« Continuez, continuez ! (…) et moi je vous suis ! »

La chevauchée en-jeu d’ombrelles

Piano dé-sidéral

Coeur rebondissant,

Intention détaillant des points de vue

Horloges, graffitis

« Pas très régulier, je regarde les images »

Détente.

B.L.E.N.D, Hélène Cathala et Désiré Davids, Compagnie Hors Commerce,

Les Plateaux: Soutenir la création (Organisés par La Briqueterie, Vitry-Sur-Seine)

Maison des Arts et de la Culture, Créteil

Copyright ©  Céline Burr

Toute reproduction ou copie même partielle est strictement interdite sans l’autorisation écrite de l’auteure

Ivresse… Gilles Verièpe et Yulia Zhabina

Duo fait d’épanchements, tout en douceur. Gilles & Yulia est une succession de luttes.

Chacun à son tour raconte une histoire.

Passion, regards, attirance – soutenance impossible puis, décalages et dissension.

C’est plus qu’une ascension de tempo et de concordances. C’est un sublime débarras de sentiments contradictoires.

Yulia est la dynamique sur laquelle repose « le couple ». Son charisme naturel oscille entre force et nonchalance. Gilles nous étonne par son aisance à contrecarrer les élans de Yulia.

Ses mouvements, sa fausse naïveté est à peine masquée.

Éparpillements, balancements, contre-danses traduisent les retournements du couple.

Cependant, pas de tragique. Les ingrédients ne sont pas dosés au delà du nécessaire. C’est une fuite en avant vers la continuité. Leur lutte se finit en transe, celle des derviches tourneurs.

Le tournis nous prends mais ça passe, tandis que les deux amants se retrouvent sur le flanc.

Tracés de jambes et approche à demi-mots. En succombant à son jeu, les rôles se renversent.

C’est un scénario inflexible ou la volupté l’emportera. In fine.

« Gilles & Yulia » Compagnie Gilles Verièpe,

Les Plateaux: Soutenir la création

La Briqueterie, Vitry-sur-Seine

Copyright ©  Céline Burr

Toute reproduction ou copie même partielle est strictement interdite sans l’autorisation écrite de l’auteure

Avant-scène  – Florent Mahoukou

Céline Burr : Pouvez-vous me parler de votre spectacle ?

Florent Mahoukou : C’est une performance que j’ai souhaité mettre en place avec l’utilisation de la peinture. Du maquillage naturel à base de kaolin.

« Dans le nord du Congo, les Mbochi utilisaient cette peinture »

C.B : Cette peinture est minérale ?

F.M : Oui, ce sont des minéraux que l’on utilise en perdurant les traditions. Cette peinture est utilisée dans d’autres danses (imitation des masques).

Pour certaines personnes c’est plus profond. Elle peut être vue comme la sagesse, la purification.

C.B : Y a t-il un rapport avec le sacré ?

F.M : Il y a un rapport avec la vie en général. Dans le nord du Congo, les Mbochi utilisaient cette peinture. Le roi utilise le bleu et le rouge. Le bleu est symbole de paix et le rouge de violence. L’ensemble est symbole de sagesse.

« Je me suis uniquement intéressé à la peinture du corps,

à cette beauté qui est reflétée à travers lui. »

C.B : Pour trouver l’harmonie ?

F.M : Oui. C’est la vie. A partir de cet ensemble, en tant que Brazzavillois et vivant dans la capitale, la tradition est inexistante.

J’ai donc fait un retour à la source. Il y a eu cette forte envie de travailler avec la peinture. J’ai voulu le « déplacer » pour rendre ça plastique, et associer la peinture avec le corps.

C.B : Est-ce que cette technique se transmet ?

F.M : C’est en « voie de disparition ». En tant que jeune citadin du Congo, je suis né à Brazzaville, j’ai grandi là bas et j’y ai fait mes études – nous n’avons pas facilement accès à cette technique. Ou alors on ne s’y intéresse pas, car on s’intéresse aux apports de l’occident.

Dans mon retour vers la tradition, je me suis uniquement intéressé à la peinture du corps, à cette beauté qui est reflétée à travers lui.

Je travaille sur un festival de rue se déroulant à Brazzaville pour la cinquième édition (Festival Rue Dance). Donc mon travail part de la peinture traditionnelle vers l’art plastique.

« Je suis danseuse de Butô. Cet apprentissage m’a été transmis par un maître au Japon »

C.B : Dans votre danse vous utilisez la « peinture de corps », avez-vous des influences ?

F.K : Je travaille beaucoup avec des matières. Lors de mon festival, je mets en place des improvisations, des performances. Nous utilisons des poudres.

Arissa Shirashi (Assistante de création-danseuse de Butô) est venue à Brazzaville durant le festival de l’année 2011. Notre performance a été conduite avec de la boue. Nous travaillons ensemble depuis 2010. Check One c’est un test, une expérimentation sur le travail de la peinture et du corps. J’ai fait appel à Arissa pour obtenir un regard extérieur. Elle maîtrise le travail sur le thème du corps, elle l’utilise également.

C.B : Vos recherches ont commencé à partir de quel thème ?

Arissa Shirashi : Je suis danseuse de Butô. Cet apprentissage m’a été transmis par un maître au Japon. J’habite ici depuis 5 ans. Nous nous sommes rencontrés au CCN de Caen (Centre Chorégraphique National).

« Antony and the Johnsons »

C.B : Où en êtes-vous dans votre processus de création ?

F.K : Nous sommes encore dans la recherche. C’est un travail qui me plaît, je pense garder cette forme dans mon répertoire. L’idée était de faire une recherche et par la suite de travailler avec la compagnie. L’équipe est composée de trois danseurs et Arissa la rejoindra.

La forme d’ensemble deviendra peut-être « Check Two ».

C.B : Avez-vous une playlist musicale à nous communiquer ?

F.K : J’écoute beaucoup de world music : Richard Bona, c’est un camerounais ; Lokua Kanza, il est originaire de la République Démocratique du Congo.

En ce moment j’écoute Antony and the Johnsons et Ben Harper.

Dans toutes ces musiques c’est la douceur qui m’attire.

A.S : Le groupe Antony and the Johnsons a fait un album pour le maître de Butô Kazuo Ohno.

« J’avais encore le sac au dos »

C.B : Comment s’est déroulé votre arrivée ou votre trajet à la Briqueterie ?

F.M : J’enchaîne trois solos en l’espace de dix mois. Je suis arrivé le 27 février. Le lendemain je suis allé au Tarmac de Paris pour interpréter notre projet « Sac au Dos ». Nous avons joué du 11 au 15 juin inclus. Le 17 juin, lorsque j’ai terminé cette représentation, j’ai débuté la résidence d’artiste à la Briqueterie.

J’ai senti que j’avais encore « le sac au dos » alors j’ai laissé passer trois jours !

Le 20 juin j’ai débuté mes recherches sur Check One au CND (Centre National de la Danse à Pantin).

Puis je suis reparti à Caen. Arissa est arrivée au mois d’août et nous avons débuté les recherches avec Gastineau Massamba, peintre congolais. Nous avons essayé beaucoup de choses.

Ensuite, nous avons quitté Caen. Je suis retourné au CND. Et enfin je suis arrivé à La Briqueterie le 02 septembre.

Le spectacle est provocateur : je donne des clés afin que chacun puisse construire une histoire ou une lecture personnelle. Pour moi ça reste une performance. Dans mon regard il y a plusieurs histoires.

J’ai voulu jouer avec des états et des moments.

CHECK ONE, work in progress, Cie FM/Studio Maho,

Les Plateaux: Soutenir la création

La Briqueterie, Vitry-sur-Seine

Copyright ©  Céline Burr

Toute reproduction ou copie même partielle est strictement interdite sans l’autorisation écrite de l’auteure

Danse couplée

 « Plus nous dansons, plus on se connait. La base du duo c’est ça. »

Céline Burr : Le spectacle a été crée en 2011. Qu’est ce qui a évolué depuis la création ?

Gilles Verièpe : Il y a un « vrai » temps de création. Grâce à l’apport de Sylvain Rambert, (Assistant à la création) il y a un regard extérieur. Donc ce regard nous a permis d’allier les transitions, en tout cas les parties. Il y a presque une histoire qui est en train de se dérouler – qui permettra de ne pas rester sur des parties mais une évolution, une dramaturgie se crée.

Au point de vue danse c’est la même depuis deux ans. La seule chose qui a évolué c’est l’interprétation et l’aisance dans le mouvement.

C.B : Avez-vous changé votre façon de performer ce duo ?

G.V : Plus nous dansons plus on se connait. La base du duo c’est ça.

« On se ressemble beaucoup dans la manière de danser »

G.V : Dans « Gilles & Yulia » nous sommes vraiment dans une histoire de couple, d’amour, de dominé-dominant. L’idée c’est aussi :

Celui qui est dominé peut accepter ou ne pas accepter. Et celui qui domine peut refuser ou accepter. C’est à dire qu’à la manière d’un couple il y a des moments ou l’on subit la domination de l’autre et à d’autres moments on est dans le « dominé ».

Nous sommes dans cette idée de relation de couple : en danse.

C.B : Justement, êtes vous un couple dans la vie ?

Yulia Zhabina : Non. On se connaît depuis longtemps. Ce n’est pas une nouveauté. Je n’ai pas passé d’audition et puis il m’a choisie.

On se connaissait déjà. C’est pourquoi nous sommes aussi proches.

G.V : Nous sommes dans une même « lignée » de danse.

On se ressemble beaucoup dans la manière de danser – malgré notre différence d’âge (10 ans environ). Il y a une vraie unité sur scène.

J’aime beaucoup danser ce duo car il y a une affinité avec Yulia qui est de l’ordre de l’intime.

On rentre dans cette intimité alors que nous ne sommes pas ensemble.

« Gilles a voulu que je domine car mon caractère est plus fort en tant que russe. »

C.B : Est-ce que le fait de l’interpréter a modifié votre façon de concevoir le duo ou le couple ?

G.V : En tant que chorégraphe chaque pièce est forcément influencée par notre vie personnelle.

Lorsque j’ai monté ce duo, ça correspondait à une période de ma vie, il y a forcément une influence.

Y. Z : Ça a plus un rapport à notre personnalité. On se connaît, il sait qui je suis dans ma vie personnelle.

Je sais également qui il est dans sa vie personnelle. C’est aussi ça qui a permis la création. Gilles a voulu que je domine car mon caractère est plus fort en tant que russe.

G.V : Nous allons essayer de s’inspirer de notre vie privée pour arriver sur scène mais en même temps on est pas forcément sur scène comme on l’est dans la vie.

« Apprivoiser la culture, ne pas en avoir peur. »

C.B : Quelle est votre humeur du jour ?

G.V : Nous sommes enthousiastes et contents. Les Plateaux : c’est une ambiance différente, en tant que chorégraphe il y a un enjeu.

Il n’y a pas une envie de plaire car…

Y.K : Nous avons envie de plaire ! Nous avons envie que ça fonctionne car ce duo nous tient à cœur.

Face à un public : professionnel ou pas professionnel, il y a une pression à chaque représentation.

Nous sommes dans l’instant présent, le spectacle vivant.

Nous sommes contents d’être vivants et d’être là !

C.B : J’ai lu que des actions de sensibilisation sont données régulièrement autour de votre univers chorégraphique.

Pouvez-vous m’en dire plus ?

G.V : Je suis chorégraphe mais en parallèle je mène des actions pédagogiques dans un but de création.

J’aime travailler avec des amateurs – à tous les niveaux, de la maternelle au lycée. Je travaille également avec des personnes âgées, handicapées.

C’est un aspect que j’apprécie afin de démocratiser la danse contemporaine.

C.B: La pédagogie dans une optique de transmission ?

G.V : Dans une optique de transmission et de connaissance en terme de découverte de la danse contemporaine. Le but est aussi de les initier à d’autres arts.

Apprivoiser la culture, ne pas en avoir peur. C’est accessible à tous. Pour moi c’est important d’apporter la culture peu importe le milieu.

La danse à l’école permets d’avoir du respect vis à vis de l’autre, d’obtenir une cohésion de groupe.

C.B : Il y a l’idée d’une certaine cohésion dans votre travail !

Pour mon travail chorégraphique j’essaye de travailler sur l’idée d’évocation. Donner les clés de compréhension mais pas la fin. Le spectateur va entrer dans son univers poétique en fonction de son vécu.

« Gilles & Yulia » Compagnie Gilles Verièpe,

Les Plateaux: Soutenir la création

La Briqueterie, Vitry-sur-Seine

Copyright ©  Céline Burr

Toute reproduction ou copie même partielle est strictement interdite sans l’autorisation écrite de l’auteure